Ce qui peut se passer entre la station de traitement de l'eau et le verre d'eau
L'eau du robinet allemande est d'excellente qualité, mais elle n'est pas parfaite. Les contrôles effectués par les services des eaux s'arrêtent au niveau du raccordement domestique. Lors de son passage dans des canalisations anciennes, des métaux lourds et des substances chimiques peuvent contaminer l'eau. Un filtre domestique comble cette dernière lacune.
- Le décret sur l'eau potable réglemente plus de 50 paramètres – mais les contrôles s'arrêtent au raccordement domestique
- Les PFAS (« substances chimiques éternelles ») seront réglementés à partir de 2026 avec une limite de 0,1 µg/l ; les normes seront encore plus strictes à partir de 2028
- 72 % des échantillons d'eau du robinet en Allemagne contiennent des microplastiques – aucune valeur limite n'est définie
- Les canalisations en plomb doivent être remplacées d’ici janvier 2026 – de nombreux bâtiments anciens sont encore équipés de vieilles canalisations
- L'eau en bouteille contient environ 240 000 particules de nanoplastiques par litre (Université de Columbia, 2024)
Le parcours de l'eau jusqu'à votre robinet
L'eau du robinet allemande est considérée comme l'une des mieux contrôlées au monde. Le décret sur l'eau potable (TrinkwV), dont la dernière révision complète remonte à juin 2023, fixe des limites strictes pour plus de 50 paramètres. Nos services des eaux font un excellent travail. Voilà pour les bonnes nouvelles.
Le revers de la médaille : le contrôle des services des eaux s’arrête au niveau du raccordement domestique. Ce qui se passe dans vos canalisations domestiques ne relève pas de la compétence des distributeurs, mais de la responsabilité des propriétaires. Et il existe des substances que même les stations de traitement les plus modernes ne peuvent pas éliminer complètement.
Que peut contenir l'eau du robinet ?
Nitrates : dans les zones agricoles, les nitrates pénètrent dans les eaux souterraines par le biais de la fertilisation. La limite est fixée à 50 mg/l et n’a pas changé depuis la dernière modification législative. Des taux élevés sont régulièrement mesurés, en particulier dans les régions rurales où l’agriculture est intensive. Dans l'organisme, le nitrate peut être transformé en nitrite et potentiellement en nitrosamines cancérigènes – un risque particulièrement important pour les nourrissons et les femmes enceintes.
PFAS – les « substances chimiques éternelles » : les substances alkylées perfluorées et polyfluorées ne sont réglementées que depuis la révision de 2023 du décret sur l'eau potable. À partir de janvier 2026, une valeur limite globale de 0,1 µg/l s'appliquera à 20 substances PFAS pertinentes pour l'eau potable. À partir de 2028, les valeurs limites pour quatre composés particulièrement critiques (PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA) seront ramenées à 0,02 µg/l. Les PFAS sont extrêmement persistants : ils ne se dégradent pratiquement pas dans l’environnement et s’accumulent dans le corps humain.
Métaux lourds : le plomb, le cuivre et le nickel peuvent se dissoudre à partir de canalisations et de robinetterie anciennes, en particulier lorsque l’eau stagne longtemps dans les canalisations, par exemple pendant la nuit ou pendant les vacances. La directive sur l’eau potable (TrinkwV) stipule que toutes les canalisations en plomb doivent être remplacées ou mises hors service d’ici janvier 2026. La limite pour le plomb sera abaissée de 10 µg/l à 5 µg/l en 2028. Néanmoins, de nombreux bâtiments anciens sont encore équipés de canalisations en plomb.
Résidus de médicaments : antibiotiques, hormones, analgésiques, antihypertenseurs – des traces de ces substances se retrouvent dans le cycle de l'eau via les eaux usées. Les stations d'épuration ne peuvent pas éliminer complètement ces substances. À ce jour, il n'existe aucune valeur limite dans le règlement sur l'eau potable pour la plupart des résidus de médicaments.
Microplastiques : une étude a révélé la présence de particules de plastique dans 72 % des échantillons d’eau du robinet prélevés en Allemagne. Une étude de l’Université technique de Berlin a mis en évidence la présence de microplastiques dans presque tous les échantillons d’eau du robinet berlinois analysés, avec des concentrations comprises entre 0,3 et 9,2 particules par litre. À l'heure actuelle, la réglementation allemande sur l'eau potable ne prévoit aucune valeur limite pour les microplastiques. Particulièrement inquiétant : des études datant de 2024 montrent que les particules de microplastiques de moins de 0,2 micromètre peuvent franchir la barrière hémato-encéphalique. Une autre étude a révélé la présence de microplastiques dans tous les échantillons de placenta analysés.
Chlore et sous-produits de désinfection : dans certaines régions, le chlore est utilisé à des fins de désinfection. Ce processus peut générer des composés appelés trihalométhanes (THM), considérés comme potentiellement cancérigènes. Le chlore altère également le goût et l’odeur de l’eau, ce que de nombreuses personnes trouvent désagréable, même si les quantités présentes ne présentent pas de risque pour la santé.
Calcaire (composés de calcium et de magnésium) : le calcaire présent dans l’eau n’est en principe pas nocif pour la santé ; au contraire, le calcium et le magnésium sont des minéraux importants. Cependant, une eau très dure peut altérer le goût, entraîner l’entartrage des appareils et compliquer les soins de la peau. En Allemagne, la dureté de l’eau varie fortement selon les régions et les sources d’eau souterraine.
L'origine fait la différence
L'eau n'est pas la même partout en Allemagne. Dans les régions où l'eau brute est prélevée dans des nappes phréatiques profondes, la pollution est généralement moindre que là où l'on traite les eaux de surface provenant des lacs et des rivières. Les zones à forte intensité agricole sont plus souvent confrontées à des problèmes de nitrates et de pesticides. Les agglomérations dotées d'un parc immobilier ancien sont plutôt confrontées à des métaux lourds provenant de canalisations vétustes. Et à proximité de sites industriels ou de terrains militaires, les concentrations en PFAS peuvent être particulièrement élevées.
La question des valeurs limites
Les valeurs limites constituent un outil important, mais elles ont leurs limites. Une valeur limite ne signifie pas qu’une substance est inoffensive. Elle signifie qu’une certaine quantité est considérée comme tolérable. Ce qui reste dans les limites pour certaines substances peut avoir un effet différent lorsqu’on additionne plusieurs substances. En effet, les interactions entre différentes substances, ce qu’on appelle l’effet cocktail, ne sont pas prises en compte dans les valeurs limites.
De plus, les valeurs limites sont régulièrement renforcées à mesure que de nouvelles connaissances sont disponibles. Ce qui est considéré comme sûr aujourd’hui peut être évalué différemment demain. L’abaissement de la valeur limite de l’arsenic de 10 à 4 µg/l (applicable à partir de 2036) ou l’introduction des valeurs limites pour les PFAS montrent que la science ne cesse d’apprendre.
La question de l’eau en bouteille
Certaines personnes se tournent vers l’eau en bouteille par crainte de l’eau du robinet. Mais là aussi, des inquiétudes subsistent. Une étude très remarquée de l’université de Columbia datant de 2024 a révélé la présence, en moyenne, d’environ 240 000 particules de nanoplastiques par litre dans l’eau en bouteille, soit nettement plus que dans l’eau du robinet. Celles-ci proviennent principalement des bouteilles en PET elles-mêmes et sont si petites qu’elles peuvent pénétrer dans les cellules et les tissus. À cela s’ajoute l’empreinte écologique : le transport, l’emballage et l’élimination font de l’eau en bouteille l’une des formes d’approvisionnement en eau les plus polluantes.
Ce que vous pouvez faire
Un bon filtre à eau élimine les polluants là où ils pénètrent en dernier lieu : directement chez vous. Vous comblez ainsi le fossé entre la station de traitement et votre verre d’eau. Et vous ne dépendez pas de l’état de vos canalisations domestiques ni du respect par votre propriétaire de ses obligations en matière de remplacement des conduites.
Il est important de comprendre qu’un filtre à eau n’est pas un vote de défiance envers les services des eaux. C’est un complément utile, la dernière étape vers une eau de très bonne qualité. Car les services des eaux veillent à ce que votre eau soit sûre. Un bon filtre veille à ce qu’elle soit également bonne.
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